La photographie d'architecture

Décembre 2016

Présentation


Le photographe d'architecture est chargé des prises de vues extérieures et/ou intérieures d'un bâtiment, de sa structure et de ses aménagements. Il utilise différentes techniques afin d'épurer sa photographie et de mettre le sujet principal en avant : respect des perspectives, exposition maîtrisée, élimination des éléments indésirables. Pour obtenir les meilleurs résultats, il utilise ainsi un matériel et des techniques minutieuses et spécifiques.

Fonctionnement et techniques

  • Les perspectives : garder l'ensemble des lignes d'un bâtiment est un défi constant pour le photographe d'architecture. S'il photographie son sujet en plongée ou contre-plongée, les lignes du bâtiment présenteront alors des incohérences. L'ensemble des repères verticaux et horizontaux, qui sont droits, ne le seront plus sur l'image. Pour y remédier, le photographe utilise plusieurs méthodes complémentaires : appareil photo parfaitement droit, utilisation d'un trépied, d'un dépoli quadrillé, recours à un objectif à décentrement et corrections logicielles si nécessaires.

  • La lumière : en extérieur, le bâtiment étant un sujet fixe, le photographe doit faire preuve de patience pour obtenir la meilleure lumière. Si la structure est à l'ombre, il est alors confronté à une trop grande différence de luminosité entre elle et le ciel. Il doit ainsi attendre la bonne lumière, lorsque cette dernière éclaire suffisamment le bâtiment. En intérieur, les fenêtres sont plus lumineuses que la pièce en elle-même. Pour éviter la surexposition de ces ouvertures, le photographe peut être amené à utiliser un éclairage artificiel comme les flashs, ou effectuer une prise de vue en HDR.
  • Les éléments gênants : pour épurer la scène et mettre au maximum son sujet en avant, le photographe a plusieurs options, de la prise de vue au post-traitement. En prise de vue extérieure, pour faire disparaitre les passants, il peut diminuer sa vitesse d'obturation. Par exemple, sur un temps de pose de plusieurs secondes, un passant qui marche n'apparaîtra pas nettement sur l'image. En intérieur, le photographe doit être attentif à tous les détails qui peuvent desservir la pièce : une lampe mal placée, un meuble de travers, des ombres trop violentes, etc.
  • La retouche : toujours dans l'idée d'épurer la scène, il peut "effacer" les éléments indésirables qu'il n'a pu faire disparaître à la prise de vue. La retouche permet également de travailler la lumière, les contrastes, les couleurs de la photographie pour mettre en valeur le sujet photographié.

Matériel utilisé


  • La chambre photographique : de moins en moins utilisé, la chambre photographique a pourtant été pendant des décennies l'appareil dédié à la photographie d'architecture. Grâce à un support sensible de grand format et à un ensemble articulé, le photographe pouvait contrer les problèmes de déformations et de perspectives qu'il rencontrait en 24x36. La chambre permet également d'obtenir des tirages de grand format avec des détails très précis.
  • Le grand angle : il permet d'obtenir un grand angle de champ pour cadrer entièrement une structure. Un grand angle trop important a cependant pour conséquence de légèrement déformer sur les bords du cadre. Les constructeurs ont aussi fait de nombreux progrès depuis ces dernières années, notamment en corrigeant ces déformations. C'est aussi pour cette raison que les photographes d'architecture ont utilisé pendant longtemps les chambres photographiques, car elles permettent d'utiliser des objectifs de moyennes focales avec le même angle de champ qu'un grand angle.
  • L'objectif à décentrement : reprenant le principe de la chambre, l'objectif à décentrement permet de garder son boitier totalement droit tandis que l'optique se décale. Ainsi, il permet de corriger les perspectives qui seraient déformées avec un objectif standard.


  • Le trépied : outil indispensable pour faire ce type de photo, tout comme le niveau à bulle, il permet de stabiliser son appareil et surtout de travailler avec précision son cadrage. Il doit pouvoir supporter du matériel lourd et monter assez haut afin d'optimiser la prise de vue sans plongée ou contre-plongée.
  • La rotule à crémaillère-micrométrique : ajouté sur le trépied, elle donne au photographe une précision millimétrée pour un cadrage minutieux. Avec du matériel lourd, comme une chambre, une rotule 3D standard est rapidement ingérable, le déport de l'objectif trop important risquant de faire basculer la tête.

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