Est-il temps de vous mettre au Cloud ?

Décembre 2016


Stockage en ligne de vos musiques, vos photos, vos jeux ou encore vos documents bureautiques : les offres « Cloud » se multiplient. La rédaction retrace pour vous les enjeux du Cloud, à travers 6 offres distinctes.

1. C'est quoi le Cloud ?


Le Cloud Computing est devenu un terme à la mode depuis, vous n'avez pas pu y échapper. Si le concept ne vous semble pas révolutionnaire, c'est normal, il existe depuis longtemps. L'appellation « Cloud » (« nuage » en anglais) est un terme marketing un peu obscur pour certains, mais qui s'explique très simplement. Il désigne l'externalisation de vos données sur des serveurs distants, ce qui évite notamment d'avoir à stocker ces dernières sur un poste local.

L'intérêt est d'accéder à ses données depuis n'importe quel ordinateur connecté à Internet et de les synchroniser sur plusieurs appareils. Les bénéfices y sont multiples : gain d'espace, de ressources, de temps et d'argent. L'utilisateur peut accéder librement à ses documents sans se soucier de la machine qu'il utilise.

// Quelques exemples d'utilisation

Pour illustrer facilement l'intérêt de la chose, imaginez la scène suivante : vous êtes au bureau et rédigez les premières pages d'un rapport à partir d'un logiciel de traitement de texte quelconque présent sur votre poste. Il vous suffit de déporter votre travail sur le Cloud et de vous connecter sur ce dernier à partir de votre ordinateur personnel afin de poursuivre tranquillement votre rapport, sans avoir à installer le logiciel en question. L'exemple marche aussi avec les montages vidéos ou encore les sauvegardes de jeux. Surtout, vous pouvez y accéder à tout moment, même depuis un autre ordinateur, simplement en vous identifiant auprès de l'hébergeur de vos données.

Les plus avertis signalerons l'existence d'un bon nombre de systèmes fonctionnant sur ce principe, tel Deezer et Spotify pour la musique, ou encore Gmail, la fameuse messagerie de Google. Bien avant, on peut même citer le projet SETI@home. Lancé en 1999, il s'agit d'un projet de calcul partagé regroupant un grand nombre d'ordinateurs connectés à Internet. Depuis, le « Cloud » a évolué et propose une multitude de services.

// Quoi de neuf alors ?

Le phénomène a pris une réelle ampleur depuis peu, et plusieurs grands noms du secteur IT sont rentrés dans la danse en proposant leurs offres « Cloud », tel Google, Amazon, et récemment Apple et Microsoft. Le marché est donc en plein bouleversement, et de nombreuses entreprises ont déjà franchi le pas pour des raisons économiques notamment (plus besoin de grosses ressources hardware, chères et volumineuses).
Le grand public quant à lui est plus méfiant vis-à-vis du Cloud. Le choix est vaste et les offres souvent déclinées en de multiples forfaits (particulier, business, éducation, associations, etc.). Ce dossier a justement pour but de présenter clairement les principales offres existantes en exposant les bénéfices pour l'utilisateur tout en soulevant les risques liés à ces nouveaux outils.

Selon vos intérêts, vous pourrez trouver des offres plus ou moins spécialisées, par exemple Google Music, OnLive pour les loisirs, Google Apps pour créer ses documents, Microsoft Office 365 pour le travail, ou encore iCloud qui propose un large panel de fonctions. Nous ne vous parlerons ici que des offres les plus attractives à l'heure actuelle, à travers six offres variées, selon vos usages.

Voici un classement des Meilleurs logiciels du cloud (hebergement, synchronisation)

2. Du Cloud pour tous les goûts


  • iCloud pour les croqueurs de pomme

Dévoilé au cours de la WWDC 2011, iCloud s'impose comme la nouvelle plateforme de services en ligne d'Apple, après les deux années difficiles de MobileMe, la plateforme de synchronisation payante destinée principalement aux produits Apple (iPhone, iPad, iPod Touch, Mac et PC). Comme son prédécesseur, iCloud synchronise vos données (documents, photos, apps, livres), mais aussi les courriers électroniques, agenda ainsi que vos paramètres, qui sont enregistrés sur des Datacenters. Tous les appareils connectés sur le Cloud sont alors synchronisés automatiquement dès lors que vous modifiez l'un de vos documents. Le service est limité à 10 appareils, ce qui laisse une certaine marge. Le service est gratuit mais se limite à 5Go d'espace de stockage. Il sera possible d'étendre cette capacité moyennant finance à partir de cet automne. Pour profiter de ce service, il faudra attendre la sortie de iOS 5 cet automne et de Mac OS X Lion en juillet, iCloud étant pour le moment en béta pour les développeurs.

En parallèle Apple a annoncé son « one more thing », iTunes Match, qui scanne votre bibliothèque iTunes, et encode automatiquement vos morceaux, ripés ou non, en AAC 256kb. Votre musique est alors disponible dans le «Cloud » sur tous vos périphériques connectés, et ce pour un abonnement de 25€ par an. Egalement disponible cet automne, le service se présente comme une alternative à Spotify pour les adeptes d'iTunes.

Pour plus d'infos : http://www.apple.com/fr/icloud/
  • Gérez votre musique avec Google Music et Amazon Cloud Drive

Deux géants du web pour deux offres distinctes, dans la même veine qu'iTunes Match. Google comme à son habitude laisse une certaine liberté à l'utilisateur, qui peut enregistrer n'importe quel fichier musical. Le service agit en fait comme un gros disque dur en ligne qui vous permet de stocker jusqu'à 20.000 morceaux en MP3, AAC, WMA, FLAC et OGG, ce qui est un très bon point pour ce dernier. Un catalogue en ligne, le reste étant tiré de la bibliothèque de l'utilisateur. Il existe d'ailleurs un programme nommé Google Music Manager, qui scanne les musiques présentes sur votre ordinateur et vous propose de les importer sur le service Cloud de Google. Vous pouvez utiliser Google Music sur Smartphone mais uniquement sous Android pour le moment, de même pour les tablettes.

Un défaut constaté cependant : l'upload se révèle assez long. Même avec un bon débit, plusieurs heures seront nécessaires si vous voulez importer quelques centaines de chansons. En France. Google Music est accesible.
Bonne nouvelle cependant, le service est gratuit en l'état, les plans de Google restant encore flous quant à l'avenir de leur service.

Pour plus d'infos : http://music.google.com/about/

Amazon a lui aussi présenté son offre en ligne en mars dernier, l'Amazon Cloud Drive, qui vous propose 5 Go d'espace gratuit pour stocker vos musiques aux formats AAC ou MP3 exclusivement, ou achetés sur la boutique de téléchargements du site. Vous pourrez écouter en streaming les morceaux stockés via Amazon Cloud Player, sans limite de bande passante. Le service est compatible avec 8 appareils différents, et requiert préalablement un compte chez Amazon. Vous pouvez augmenter votre espace de stockage via plusieurs forfaits : 20 Go pour 20$ puis 1$ le Go, jusqu'à 1000 Go.

Accessible sur Android et dernièrement iOS, le service n'est également utilisable qu'aux Etats-Unis à l'heure actuelle. Si le succès est au rendez-vous, nul doute qu'Amazon et Google développeront leurs services jusqu'à chez nous. Amazon a d'ailleurs bradé le dernier album de la chanteuse à succès Lady Gaga, provoquant une perte d'2,6 millions de dollars au profit de plus de 500.000 nouveaux utilisateurs.

Pour plus d'infos : https://www.amazon.com/clouddrive/learnmore
  • OnLive : le jeu vidéo à la demande

Déjà exploité par Steam, le Cloud pour les jeux-vidéo a vu un nouvel acteur entrer en jeu en juin 2010 : OnLive. Si les deux plateformes se ressemblent beaucoup, OnLive possède quelques particularités qui devraient attirer bon nombre de joueurs. Le gros avantage ici est que vous n'avez pas besoin d'avoir une machine de guerre pour pouvoir jouer aux derniers jeux, dont la puissance requise est gérée par les serveurs distants d'OnLive. Tout d'abord, l'inscription au service est gratuite, mais il faudra compter 9.99$ d'abonnement mensuel auquel il faudra rajouter le prix des jeux auxquels vous souhaitez jouer, à différents forfaits : 3 jours, 5 jours (entre 4 et 9$) ou de manière illimitée pour 29.90$. OnLive est compatible avec Windows, Mac OS, TV (via un adaptateur vendu 30$), iPad et les tablettes Android.

Pour ce tarif, vous pourrez jouer 30mn de démo de chaque jeu, enregistrer vos sauvegardes, visionner les bandes annonces des futurs jeux et accéder aux services communautaires OnLive. Tous les jeux sont au format 720p, attention donc à avoir une bonne connexion si vous voulez jouer sans ralentissement. Le service est aujourd'hui accessible en France après une longue attente, mais les serveurs se trouvant aux Etats-Unis il faudra compter sur un débit plutôt élevé, en attendant l'arrivée des serveurs en France. On peut espérer que ce soit le cas d'ici la fin d'année, l'arrivée d'OnLive au Royaume-Uni étant prévue cet automne.

Pour plus d'infos : http://www.onlive.com/#1

3. Soyons sérieux, parlons travail


Et pour ça, Microsoft et Google ont chacun proposé leurs conception du Cloud.
  • Microsoft Office 365, la solution pro hybride

Disponible depuis hier en version finale, Office 365, le successeur des services en ligne de Microsoft BPOS (Business Productivity Online Suite) se présente comme une refonte de la suite, axée sur la simplicité d'utilisation tout en offrant « le meilleur » en termes de productivité selon Microsoft. Office 365 c'est un peu Office dans les nuages. Avant tout destiné aux TPE et PME, Office 365 vous propose les services suivants : une messagerie électronique de 25 Go, la suite bureautique Office Web Apps (Word, Excel, PowerPoint, OneNote), un calendrier, des outils collaboratifs, une messagerie instantanée et un service de communications unifiées (Lync Online), le tout synchronisable entre PC, mobiles et tablettes (tous systèmes), « facilement et rapidement ».

Contrairement à Google et son offre 100% Cloud, Microsoft propose un choix à la carte afin de faciliter le travail hors ligne. Une solution hybride appréciée par un grand nombre de PME. Il existe donc plusieurs tarifs selon le « menu » qui vous convient, de 5,25€ à 25,50€ par mois. En parallèle, Microsoft insiste sur une disponibilité du Cloud quasi continue sur l'année (à 99.9%), ainsi qu'une sécurité et un suivi accrus, en réponse à la panne de 3 heures de son service BPOS survenue le 22 juin dernier. Un évènement qui a ravivé les méfiances face au Cloud (voir aussi le service permettant de comparer la performance des principaux cloud sur les dernières 24h sur le JDN).

Pour plus d'infos : http://www.microsoft.com/fr-fr/office365/online-software.aspx
  • Google Apps, la tête dans les nuages

Principal concurrent d'Office 365, Google Apps représente le Cloud selon Google, à savoir un service à 100% tourné vers le Web. On y retrouve quasiment les mêmes fonctions que pour la suite de Microsoft, à savoir un service de messagerie, un calendrier et des outils bureautiques, des services évidemment propres à Google et qui ont fait leurs preuves (Gmail, Calendar, Talk, Docs sont autant de fonctions disponibles). l'offre gratuite a disparue Google apps est devenue uniquement payante depuis décembre 2012, donnant accès à 25 Go de stockage pour les e-mails, un système de sécurisation renforcé, une assistance continue ainsi qu'un nombre illimité de comptes par organisation.
Complètement porté sur le web, Google Apps nécessite obligatoirement une connexion Internet avec une bande passante suffisante pour travailler confortablement. Concernant les tarifs de la version business, il faut compter 4€ par compte d'utilisateur et par mois ou 40€ par utilisateur pour un an.

Si chacun voit midi à sa porte, on remarque que Google possède quelques avantages par rapport au Cloud de Microsoft, notamment une meilleure compatibilité avec les différents systèmes et navigateurs, des mises à jours automatiques des programmes et des tarifs plus attractifs. Le groupe possède également une plus grande expérience dans le domaine des services web. Pour le moment le bénéfice du doute appartient encore à Microsoft, qui compte sur un large réseau de partenaires pour développer son produit.

Pour plus d'infos : http://www.google.com/apps/intl/fr/group/index.html

4. De l'orage à prévoir ?


Comme tout système, le Cloud a ses points faibles, qui pourront rebuter certains. Qui dit Cloud dit web, avec tout ce que le réseau implique de complications et de risques. Accéder pleinement à ses applications requiert bien souvent une connexion internet robuste, et stable. Si votre équipement est daté ou que vous vous trouvez dans une zone faiblement couverte, vous aurez beaucoup de mal à profiter des avantages du Cloud.

La sécurité est évidemment à prendre en compte. Plusieurs cas de panne voire de piratages ont déjà secoué le secteur. La société responsable du service doit protéger vos données afin d'éviter une quelconque intrusion par des personnes mal intentionnées. De même, on ne sait pas vraiment où nos données sont enregistrées, ni si elles sont réparties sur plusieurs Datacenters très éloignés les uns des autres.

Enfin, attention aux différentes offres et aux conditions d'utilisations qui évoluent parfois très vite. Veillez à ce que votre hébergeur Cloud vous assure un réel suivi de vos données et que vous n'ayez pas à subir de nouveaux frais liés aux restructurations du service. Privilégiez la stabilité. Surveillez également la compatibilité de vos appareils avec les services proposés afin de ne pas vous retrouver bloqué face à une technologie propriétaire.

5. Vers l'externalisation totale ?


Le Cloud se développe à grande vitesse depuis un ou deux ans. Les offres se multiplient et de nouveaux acteurs entrent régulièrement en jeu, la plupart des géants du secteur IT possèdent d'ailleurs leur propre service de Cloud, et le nombre d'utilisateurs ne cesse de grandir. Malgré ses limites, le Cloud reste un concept très alléchant dès lors que vous utilisez plusieurs appareils et que vous souhaitez synchroniser vos données sur ces derniers. Un atout qui concerne davantage les entreprises aujourd'hui.

Devant la popularité grandissante de ces offres, on glisse peu à peu vers une externalisation totale de nos données. La question est de savoir jusqu'où cette tendance progressera au vu des risques encourus, et ce malgré l'existence d'offres hautement sécurisées (moyennant finance). On peut maintenant utiliser le Cloud pour sa musique, ses photos et vidéos, ses jeux, et ses documents bureautiques. Dès lors, pourquoi ne pas opter pour une solution de type Chromebook, quand l'ordinateur ne devient qu'une interface par laquelle on accède à l'ensemble de nos données ?

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